Les Échos. Parcoursup : comment se repérer dans la jungle des formations

Faire la différence entre un master et un mastère, entre un diplôme national, un diplôme d’établissement ou un titre RNCP s’avère particulièrement complexe pour les familles. Le paysage de l’enseignement supérieur est rempli de labels en tous genres. Les lycéens devront formuler leurs voeux sur Parcoursup entre le 17 janvier et le 14 mars.

En attendant que le ministère de l’Enseignement supérieur crée un label de qualité qui permettrait aux lycéens et à leurs parents de s’y retrouver, les jeunes et les familles ont de quoi s’y perdre dans les formations, qu’elles soient proposées sur Parcoursup ou ailleurs.

Petit lexique pour se retrouver dans le dédale des appellations.

Diplômes nationaux

Les établissements publics accrédités par le ministère de l’Enseignement supérieur délivrent des « diplômes nationaux ». Ils doivent respecter les droits d’inscription fixés nationalement chaque année. Ils peuvent aussi délivrer des « diplômes propres », dont les droits de scolarité sont fixés librement. Ils sont alors éligibles au grade de licence ou de master.

Diplômes d’établissement

Les établissements privés ne peuvent pas délivrer de diplôme national. Les appellations de licence et de master sont réservées aux diplômes nationaux. Les établissements privés parlent donc de bachelor ou de mastère. Ils peuvent obtenir un grade pour tel ou tel de leur diplôme qui donne l’équivalence d’un diplôme national. Ce grade vaut pour un diplôme, et non pas pour l’établissement. On parle alors d’un bachelor avec grade de licence ou d’un mastère avec grade de master.

Pour les écoles de management, par exemple, le grade est attribué par la Commission d’évaluation des formations et diplômes de gestion (CEFDG) pour trois à cinq ans renouvelables.

Mastère et master

La Conférence des grandes écoles a aussi déposé les marques de « mastère spécialisé » et de « MSc-Master of science », qui supposent de respecter un cahier des charges. Pour les écoles d’ingénieurs, c’est la Commission des titres d’ingénieurs (CTI) qui a le monopole de l’attribution du titre. « A défaut de reconnaissance par ces diplômes, ces grades et ces titres, les écoles vanteront dans leur communication le ‘niveau bac+3’ ou le ‘niveau bac+5’ », met en garde Laurent Batsch, ex-président de Dauphine, dans son rapport sur l’enseignement supérieur privé.

RNCP

Le Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) liste les titres à vocation professionnelle. Pour les écoles privées, s’y inscrire est une condition pour être éligible aux contrats d’apprentissage.

EESPIG

La qualification d’Etablissement d’enseignement supérieur privé d’intérêt général (EESPIG) accordée par le ministère concerne des établissements qui doivent justifier d’une « gestion désintéressée » et s’engager sur le caractère non lucratif de leur activité. Pour l’instant, 64 établissements en bénéficient pour 160.000 étudiants.

C’est un label convoité par certaines écoles consulaires. A la tête de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris-Ile-de-France (CCIP) et « face à la recrudescence de certaines officines éducatives », Dominique Restino se bat, par exemple, pour que les écoles consulaires de la CCIP (HEC, Essec, ESCP…) bénéficient du label EESPIG. « Il y a une manne d’argent qui arrive en provenance des grands groupes, mais ce n’est pas notre modèle, qui est ‘non profit’, confie-t-il. Il faut que chacune et chacun sache exactement où il met les pieds. »

Par Marie-Christine Corbier Publié le 3 janv. 2024 à 11h30

https://www.lesechos.fr/politique-societe/societe/parcoursup-comment-se-reperer-dans-la-jungle-des-formations-2044092

Article écrit par ©Stéphanie Ranchin , le Mercredi 3 janvier 2024 à 19h